En défense de Taslima Nasreen

jeudi 30 août 2007

L’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU) nous communique les informations suivantes :

« L’écrivain en exil Taslima Nasreen a été agressée le 9 août 2007 au Club de la Presse d’Hyderabad (selon notre correspondant Babu Gogineni), où elle présentait la traduction en telugu de son livre Dwikhandita. Ses assaillants sont membres du groupe extrémiste Majlis Ittehad-ul-Muslimeen (MIM), dirigé par trois élus à l’Assemblée législative de l’État. Elle leur a répondu « Quoi qu’il arrive, on ne me fera jamais taire ».

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Taslima Nasreen

Des projectiles ont été lancés et des insultes proférées contre Taslima, mais heureusement elle n’a pas été blessée par ses agresseurs qui n’ont pas réussi à l’approcher de trop près. Le Dr Innaiha, un militant humaniste, a été blessé au visage par des objets lancés par les contestataires : ils ont lancé tout ce qu’ils ont trouvé à leur portée, y compris des bouquets de fleurs, des sacs à main et d’autres objets. Ils ont même saisi des chaises pour menacer Taslima. On a vu à la télévision Mr M Nagaeswara Rao de l’école de journalisme Eenadu et le Dr Innaiah essayer de calmer les agresseurs
Le plus consternant, c’est de constater que les agresseurs eux-mêmes sont des représentants élus de l’Assemblée législative de l’État de l’Andhra Pradesh et qu’ils sont membres du parti intégriste musulman du Majlis Ijttehaad-ul-Muslimeen, et qu’ils étaient accompagnés par quelques dizaines d’adhérents.

Les dirigeants ont été arrêtés et ils comparaîtront devant un juge. La bande de voyous qui les a soutenus ont interrompu la circulation sur une grande partie de la rue à Hyderabad, pour protester contre la venue de Taslima dans la ville, ils ont exigé qu’elle soit expulsée pour avoir offensé leur religion, et ils ont voulu que leurs dirigeants soient relâchés. Un grand nombre d’entre eux ont déclaré qu’ils étaient prêts à la tuer s’ils en avaient l’occasion.

Le syndicat des journalistes a demandé que les trois élus soient suspendus de leurs mandats de députés à l’assemblée. Il y a eu un élan de solidarité venant de tous les horizons dans l’ensemble du pays en faveur de Taslima, et pour défendre la liberté d’expression, y compris du Premier ministre de l’ Andhra Pradesh et du ministre fédéral à Delhi. La condamnation des faits qui se sont produits, été unanime, y compris venant du Parti Communiste (Marxiste) de l’Inde, du parti Telugu Desam et d’un grand nombre d’ONG. Le ministre de l’Intérieur Jana Reddy a condamné l’agression en termes très fermes, promettant des sanctions pénales exemplaires contre ceux qui ont usé de violence, et déclaré que cela aurait pu être évité si la police avait été informée auparavant de l’arrivée de Taslima dans la ville.

A la suite des menaces de mort, Taslima a dû quitter le Bangladesh il y a 12 ans. Son livre Dwikhandita avait été initialement interdit par le gouvernement communiste du Bengale occidental et publié ensuite après une décision de justice. « 

La Fédération Nationale de la Libre Pensée française s’associe à la protestation des associations indiennes membres de l’IHEU et leur transmet l’expression de sa solidarité laïque.

Paris, le 25 août 2007



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