Déclaration de Kader Arif :
Toute honte bue

mercredi 17 avril 2013
par  federation nationale
popularité : 44%

La Fédération nationale de la Libre Pensée a pris connaissance avec consternation de la déclaration de monsieur Kader Arif, Ministre des Anciens Combattants, refusant la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple de la Guerre de 1914-1918.

Après s’être glorifié d’avoir attribué la mention « Mort pour la France » au sous-lieutenant Jean-Julien Chapelant, alors que la formule exacte aurait été « Mort par la France » et que la Mairie de son village natal l’avait déjà inscrit sur le Monument aux Morts au début des années 1920, le Ministre a enfourché le cheval des partisans du « cas par cas ».

Il a indiqué qu’il fallait « regarder chacun des cas particuliers ». A sa suite, Joseph Zimet qui dirige la mission du centenaire de la Première Guerre mondiale a précisé : « La difficulté réside dans la grande diversité de ces condamnés, tous ne sont pas des mutins. Il faut démystifier cette question pour éviter de penser que ce sont tous des innocents ».

Quelle honte !

Le problème n’est donc pas de savoir si les Fusillés pour l’exemple étaient innocents, mais s’ils étaient coupables ! Et si on trouve des coupables, un siècle après, on fait quoi ? On les re-fusille pour l’exemple ? Alors que 20% des dossiers des Conseils de guerre exceptionnels ont été détruits, alors que ces dossiers ont été constitués à charge par les fusilleurs, alors qu’il n’y a plus accusateurs et témoins de la défense, comment rendre une vraie justice ?

Et s’ils sont déclarés coupables, de quoi seront-ils coupables ? De vols, de compromission avec l’ennemi ? C’est l’ouverture de la boite de Pandore, mais au fond il ne restera pas l’espérance. Dans ce cas, la Fédération nationale de la Libre Pensée demande le même examen pour la responsabilité des généraux, notamment Nivelle et Pétain, pour ce conflit et le suivant. Il ne saurait y avoir deux poids, deux mesures.

Avec Voltaire, La Fédération nationale de la Libre Pensée préfère le principe : « Il vaut mieux un coupable en liberté qu’un innocent en prison ». Il faudra bien qu’un jour les zélateurs d’une « justice » au cas par cas et à la tête du client, donnent les véritables raisons qui les motivent pour empêcher que justice soit rendue et que la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple soit prononcée.

La Libre Pensée a indiqué clairement au Président de la République, lors de son entrevue du 10 avril 2013, que si la plus haute autorité de l’État ne prononçait pas la réhabilitation collective en 2013, alors, en 2014, lors des cérémonies, séminaires, colloques, rassemblements, les Libres Penseurs seront de tous les événements officiels du centenaire de la Première Guerre mondiale pour porter haut et fort cette revendication de justice.

On ne nous fera pas taire

Cela fait près d’un siècle que cette honte perdure. Il faut que justice soit enfin rendue à ces hommes qui ont refusé la barbarie de la guerre et de mourir pour rien. De nombreux pays belligérants ont déjà rendu justice aux Fusillés pour l’exemple. Pourquoi la France refuse-t-elle de le faire à son tour ?

Est-ce parce que les troupes françaises sont déployées sur le sol d’un grand nombre de pays pour faire la guerre, que l’État ne veut pas reconnaître le droit de refuser de mourir pour rien ? Est-ce le droit à la désobéissance pour sauver sa vie que le Gouvernement refuse de voir reconnaître ? Faut-il imposer aux soldats l’obéissance absolue à la hiérarchie militaire, dussent-ils en mourir ?

Avec la Libre Pensée, le 8 juin 2013 à 14H
Tous au Rassemblement pacifiste et internationaliste
Pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple
Salle de spectacle - Annexe Bourse du Travail - 85 rue Charlot 75010 Paris.

Sous la Présidence de Marc Blondel,
Prendront la parole :
des militants pacifistes et internationalistes, réalisateurs de films, comédiens, historiens, élus, libres penseurs. Un film sera projeté en ouverture.


DEPECHE AFP

Fusillés de la Grande Guerre : Kader Arif annonce un examen au cas par cas - 16/04/2013 19h58 - GOUVERNEMENT-HISTOIRE-GUERRE-14-18 - Monde (FRS) - AFP  

CRAONNE (France), 16 avr 2013 (AFP) - Le ministre des Anciens combattants, Kader Arif, a annoncé mardi à Craonne (Aisne) un examen au cas par cas des condamnations à mort de la Grande Guerre, à l’occasion du 96e anniversaire de l’offensive du Chemin des Dames.

En novembre dernier, M. Arif avait déjà attribué la mention "mort pour la France" au sous-lieutenant Jean-Julien-Marie Chapelant, fusillé pour désertion en 1914.
"J’ai conscience que le processus de réhabilitation doit encore évoluer, ce geste était un premier pas (...). Il faut regarder chacun des cas particuliers", a déclaré le ministre.
"C’est pourquoi, j’ai demandé au comité scientifique du groupement d’intérêt public +Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale+ de produire un rapport sur ce sujet", a poursuivi M. Arif, précisant qu’il devra lui être "remis avant la fin du mois de juillet".

"Près de 2.000 soldats ont été condamnés à mort dont une majorité dans les deux premières années du conflit et environ 620 personnes ont été exécutées", a expliqué à l’AFP Joseph Zimet, qui dirige cette mission du Centenaire. "La difficulté réside dans la grande diversité de ces condamnés, tous ne sont pas des mutins. Il faut démystifier cette question pour éviter de penser que ce sont tous des innocents", a-t-il souligné.

Le 5 novembre 1998 à Craonne, le Premier ministre socialiste Lionel Jospin avait estimé que les mutins devaient "réintégrer aujourd’hui, pleinement, notre mémoire collective nationale". Le président Jacques Chirac avait alors jugé sa déclaration "inopportune".

Dix ans plus tard, le 11 novembre 2008, Nicolas Sarkozy déclarait à Douaumont, près de Verdun (Meuse), que "beaucoup" des soldats français "exécutés" "ne s’étaient pas déshonorés", tout en évitant de prendre position sur la réhabilitation juridique des mutins.

A l’occasion de ce 96e anniversaire de l’offensive Nivelle, M. Arif a inauguré une tour observatoire de 20 mètres de haut qui domine, depuis le plateau de Californie, le site meurtrier du Chemin des Dames. Lancée au matin du 16 avril 1917, l’offensive du général Robert Nivelle prévoyait une percée en 24 heures avec la prise de Laon dans la soirée. Mais les nombreux nids fortifiés de mitrailleuses allemandes décimèrent les vagues d’assaut françaises.

En une semaine, plus de 30.000 poilus, dont plusieurs milliers de soldats coloniaux, ont été tués. Au total, l’offensive, qui prendra fin le 10 mai, aura causé la perte de plus de 100.000 hommes.


Agenda

<<

2019

 

<<

Novembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
28293031123
45678910
11121314151617
18192021222324
2526272829301
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Annonces

RETROUVEZ LA LIBRE PENSEE SUR TWITTER