Vers une association Latino Américaine de la Libre Pensée
Jacques Lafouge

mercredi 5 décembre 2012
par  federation nationale
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Présidentes et Présidents, Amies et Amis, Camarades, Sœurs et Frères,

Je voudrais avant tout remercier tous ceux qui ont permis que ce Congrès ait lieu.

Remercier Antonio Vergara pour l’énorme travail qu’il a effectué en contactant les uns et les autres dans toute l’Amérique pour qu’ils se rendent à Mar del Plata.

Remercier Fernando Lozada et Devrig Mollès , chargés de l’organisation matérielle du Congrès et qui ont trouvé les lieux les plus adaptés pour que nous puissions travailler dans de bonnes conditions. Je n’oublierai mes chers amis Jorge Clavero et Nicolas Breglia pour leur aide.

Remercier tous ceux qui, d’une manière ou d’un autre ont travaillé à l’élaboration de ce Congrès et que je regrette de ne pouvoir citer pour ne pas être trop long, en mentionnant cependant Elbio Laxalte pour le travail énorme qu’il réalise en Uruguay.

Vous me connaissez sans doute comme Vice-Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée française mais je suis surtout vezu en tant qu’ami des latino-américains pour qui j’ai une immense affection.

Cela fait plus ou moins quarante ans que je voyage et vit en Amérique Latine. Je connais un peu ce continent et la diversité de ses peuples et de leurs histoires qui, dans le passé, ne fut pas toujours le reflet de la liberté à laquelle cependant ils aspirèrent toujours.

C’est pourquoi je parlerai plus comme un amis de ces dix huit pays que comme représentant de l’Europe.

D’autres le feront.

L’organisation d’un Congrès consacré à la Libre Pensée en Amérique Latine démontre la profonde identité de pensée » et de fraternité qui unit qui unit les deux continents.

Cela vient de loin.

A partir de la moitié du 17e siècle il y eut dans le monde une intense activité intellectuelle avec Locke et Hobbes en Angleterre et Spinoza en Hollande, puis au 18e siècle, en Allemagne Kant et en France Montesquieu, Rousseau et Voltaire, l’Encyclopédie avec Diderot et d’Holbach suivi de son héritier intellectuel Condorcet.

L’Illustration affirma deux principes qui s’imposèrent aux Etats-Unis et dans toute l’Europe : la Liberté et la Tolérance.

Des hommes comme Thomas Paine, Jefferson, Toussaint L’Ouverture, Simon Bolivar, San Martin, O’Higgins, Sucre, Benito Juarez, Emiliano Zapata et beaucoup d’autres suivront le chemin de la Liberté accompagnés de femmes comme Julieta Lanteri, Belen de Sarraga, Manuela Sanz, Hellen Keller.

Dans cette libération de l’Amérique Latine il faut souligner le rôle transcendant des Loges Lautarines. C’étaient des loges maçonniques et en furent membres San Martin et Simon Bolivar. Ces loges étaient composées de sud-américains qui voulaient l’émancipation de l’Amérique hispanique et l’installation d’un système républicain.

Le général Francisco de Miranda fonda la loge « Grande Réunion Américaine » dont l’objectif immédiat était de porter la révolution à Caracas. Que cela ait été un échec n’empêcha pas Bolivar et ses amis de suivre ses traces.

Dans ces loges on jurait de travailler à l’indépendance américaine et de ne reconnaître comme gouvernement légitime que celui élu par la libre et spontanée volonté des peuples.

San Martin et Alvear fondèrent la loge « Lautaro » et quand ils revinrent à Buenos Aires ils créèrent d’autres loges à Cordoba, Mendoza et Santiago du Chili pour appuyer les luttes pour l’émancipation américaine.

La Maçonnerie fut donc une plateforme de formation culturelle et sa méthode adaptée aux circonstances du moment réalisa l’idéal universel du progrès humain en passant du cosmopolitisme aristocratique à l’universalisme militant.

Ces libertés conquises furent elles complètes ?

Sans doute non !

Politiquement nous avons dû tant américains qu’européen, passer par de multiples vicissitudes et dictatures pour en arriver à des démocraties qui, nous le savons, peuvent être améliorées. Nous luttons tous et toujours pour plus de libertés.

Pour cela ce Congrès est important pour atteindre une plus grande liberté de conscience et d’action laïque. La Laïcité n’est pas la lutte contre les religions mais contre leur prétention d’imposer aux peuples leurs dogmes et prohibitions C’est un combat mondial quant à ses fins

Cependant les situations locales, tant en Europe qu’en Amérique sont diverses et bien que le but soit commun dans les deux continents et le chemin le même, on ne peut cheminer du même pas Chacun devra aller à son allure et à son rythme pour atteindre la liberté de conscience qui lui convienne et assumer ses revendications.

Pour cela, si la création l y a un an à Oslo de l’AILP, Association Internationale de la Libre Pensée, fut un évènement très important, il faut maintenant réfléchir sur le futur. Les caractères des nations latino américaines sont à la fois semblables et distinctes et à plus forte raison avec l’Europe et les Etats-Unis. Leurs problèmes sont très différents de ceux des européens et américains du nord.

Qu’il existe une organisation mondiale paraît une chose souhaitable mais elle ne peut imposer ses points de vue et ses désirs en Amérique Latine nous avons les nôtres et cependant lzes vôtres peuvent être les bienvenus dans la mesure où ils conviennent à ce que ressentent les latino-américains .

En y réfléchissant avec quelques amis très concernés par l’organisation de ce Congrès nous avons vu que nous devions proposer aux congréssistes l’organisation d’une Association Sud Américaine de la Libre Pensée, ALALP, qui puisse agir librement suivant ses besoins en liaison avec l’AILP .

Les latino américains et ceux qui sont proches d’eux n’ont pas besoin d’une intervention externe pour l’élaboration du programme de nos travaux de ce congrès et nous pensons que sa déclaration finale doit être rédigée à sa clôture et non avant. En cela nous voulons notre complète indépendance comme cela doit être.

De la même manière profitant du fait que les nominations d’Oslo ont été faites pour un an il faut maintenant changer les postes de direction et de représentation.

L’Amérique Latine a besoin d’une représentation conforme à son importance. Il ne nous paraît ni juste ni raisonnable qu’il n’y ait pas une répartition des postes de porte-parole conforme à l’importance des pays et au travail que doit faire un porte-parole .

Il y a actuellement six porte-parole : un pour les Etats-Unis, un pour le Canada, un pour l’Angleterre, un pour l’Espagne, un pour la France, un pour l’Amérique Latine. Il faut souligner que le porte-parole de l’Amérique Latine doit s’occuper de 18pays et les autres d’un seulement chacun .

D’autre part si on se réfère au nombre d’habitants de chaque pays on trouve approximativement : 313 millions pour les Etats Unis, 34 pour le Canada, 65 pour la France, 63 pour l’Angleterre, 46 pour l’Espagne et 610 millions pour l’Amérique Latine, le Brésil comptant pout 193 millions d’habitants

Il faudrait donc admettre une répartition égalitaire des postes de portes-parole soit un pour les Etats Unis et le Canada, un pour l’Europe, un pour le Brésil, trois pour l’Amérique Latine de langue espagnole. Ce serait une répartition raisonnable.

On a également dit que l’AILP n’ayant pas de ressources, c’était le pays amphytrion qui devait prendre en charge les frais d’organisation du Congrès. Une organisation de ce type nécessite un financement important quels que soient les efforts que les organisateurs fassent pour limiter les frais et bien que la Grande Loge d’Argentine ait généreusement assumé une grande partie du financement et que la majorité des présents soient venus à leurs frais, nous voyons qu’il reste des dettes que nous devons aider à payer. Je fais pour cela un appel à votre générosité pour que nos amis et frères d’Argentine n’aient pas de difficultés économiques.

Dans l’avenir cette situation doit changer pour faciliter l’organisation d’autres congrès dans d’autres pays.

Nous sommes aujourd’hui conscients que nous jetons les bases d’un travail qu’on devine fort et productif et au cours duquel chacun dans son ambiance nationale sèmera la grande idée de la liberté de penser qui apportera dans le futur le témoignage de notre tolérance vis-à-vis de toutes les opinions en conformité avec la grande idée de la Fraternité humaine.

San Martin disait : « Soyons libres, le reste importe peu. »

Bon Congrès à tous.

Jacques Lafouge

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