La Libre Pensée sur France Culture - novembre 2012

lundi 19 novembre 2012
par  libre pensee2
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Dimanche 11 novembre.

Bonjour,

Au micro Maxime Scherer, je suis accompagné de Claire Guelmani Présidente de la fédération de Paris, et de David Gozlan Secrétaire général de la Libre Pensée.

Ce matin 11 novembre, plus de 60 rassemblements ont lieu dans toute la France pour la réhabilitation collective et immédiate des fusillés pour l’exemple, épisode aussi intolérable qu’injuste de l’histoire de France. David, tu peux nous en dire un mot ?

D.G. : Aujourd’hui, nous avons plus de 60 rassemblements de prévus avec la Libre Pensée mais aussi avec la Ligue des Droits de l’Homme, l’ARAC, le Mouvement pour la paix et l’Union Pacifiste qui seront présents dans ces rassemblements, à nos côtés, pour demander la réhabilitation collective et politique des 650 fusillés pour l’exemple de la première Guerre Mondiale. Il s’agit pour nous de rendre justice, mais de rendre justice dans le sens politique, de faire en sorte que ces hommes ne soient pas des oubliés, que ces hommes qui à un moment donné ont levé la tête pour le refus de la guerre, puissent être aujourd’hui entendus et puissent être reconnus non comme des parias mais comme des hommes libres de leurs faits et de leur droits.

M.S. : Si nous sommes réunis à l’antenne c’est aussi pour vous parler du Concile Vatican II tenu en 1962. J’ai lu dans « La Croix » que le pape Benoit XVI avait déclaré qu’il y a toujours la zizanie dans l’Eglise catholique. Benoit XVI connaît son affaire puisqu’il a participé il y a 50 ans au concile Vatican II, alors plus jeune théologien et opposant à ce Vatican II. Est-ce le seul résultat 50 ans après ? La zizanie ?

C.G. : Au sujet du Concile Vatican II, dont se sont les 50 ans cette année, la Libre Pensée organise un colloque les 1er et 2 décembre à Metz, car la Libre Pensée a toujours combattu toutes les religions, toutes les formes de pensée unique et toutes les formes de dogmatismes. Lors de ce colloque, de nombreux intervenants de plusieurs pays d’Europe seront présents. Il y aura Philippe Colin, professeur à l’Université Libre de Bruxelles, dont le sujet traité sera « L’Eglise catholique résiste à la modernité », Valentin Abgottspon de Suisse, Edouard Kütten Président de la Libre Pensée du Luxembourg, des interventions de libres penseurs belges, suisses, allemands et luxembourgeois. Ce sera un colloque très riche où seront abordés tous les thèmes et surtout « Qu’est ce que Vatican II a transformé ou pas dans le paysage religieux depuis 50 ans ? ».

M.S. : 50 ans c’est un demi-siècle ! L’Eglise n’a-t-elle pas évoluée en un demi-siècle ? Les gens ne sont-ils pas indifférents aujourd’hui à la position de l’Eglise et à ce qu’elle peut faire ?

D.G.  : C’est une véritable question et cela pose aussi la question de ce qu’est un Concile. Un Concile s’est une véritable réunion politique des structures de l’Eglise. C’est la réunion de sa hiérarchie, de son état major pour parler en termes militaires, et c’est la définition des orientations politiques dans l’Eglise et dans la société. Ce Concile Vatican II a été vraiment une volonté de la part du Vatican de se tourner vers la société, de la prendre en compte, mais pour pouvoir agir autrement que ce qu’elle avait fait des siècles auparavant. C’était son attention, c’était ce qu’elle annonçait. 50 ans après quelle a été l’action de l’Eglise, sa réponse, son orientation par rapport à cela ? C’est pour cela que nous faisons un colloque, qui a un aspect européen et qui aura lieu dans une ville qui connaît le régime concordataire.
Depuis la mi-août l’Eglise, en France et dans le monde, a décidé de participé de manière beaucoup plus ouverte au combat politique. Elle a décidé, comme nous le disions lors de notre congrès à Sainte Tulle en août dernier, de descendre dans l’arène. Cela veut dire qu’elle a décidé de s’affronter comme une force politique aux autres forces politiques. On le voit dans tous les débats de la société, c’est cette force là qu’est l’Eglise qui commence à reprendre du poil de la bête pour à la fois guider les consciences, guider les hommes mais surtout pour guider leur porte monnaie. Ce qui est derrière tous cela c’est une question d’argent et de finance. Voilà pourquoi ce colloque est important.
Un dernier mot sur l’actualité du colloque : ce qui est important c’est de comprendre le terme d’évangélisation. L’Eglise emploie le terme de nouvelle évangélisation. Nous nous retrouvons quelques années en arrière avec une volonté d’évangéliser à nouveau ce qui a été déchristianisé, notamment pour nous en France. Dans La Croix, journal chrétien, il est écrit : »évangéliser c’est apprendre à marcher sur les eaux ». On peut sourire à la phrase car malin serait celui qui partirait sur un autre continent en traversant les eaux. On saurait très bien ce qui lui arrive car les forces des sciences et de la matière le pousseraient plutôt vers le fond des eaux ! Ce qui est important c’est de comprendre que Benoit XVI, qui lui est conscient de cette perte du christianisme dans l’Occident chrétien, doit redresser la barre et faire en sorte de réunifier ses troupes. Dans cette nouvelle évangélisation l’axe central pour l’instant de l’Eglise c’est la fraternité Pie X, qui sont en fait les nouveaux jésuites qui partent à travers tous les continents pour évangéliser. Derrière il y a l’argent et ce colloque va démontrer tous ça.

M.S. : Puisque l’on parle de modernité, de tentative de s’inscrire dans la société contemporaine, quelques exemples peut être Claire de ce qui pourrait te choquer en matière de faits d’actualité ?

C.G. : Je pourrais donner comme exemple, un fait qui remonte à 2011 : en Amérique du Sud une jeune fille qui a été violée par son beau-père, a été avortée par un chirurgien et l’Eglise a excommunié le chirurgien, toute l’équipe médicale, la jeune fille de 13 ans mais pas le violeur ! Ratzinger a déclaré à ce sujet : « le viol n’est pas plus grave que la contraception, l’homosexualité ou l’union libre ! ». On a l’impression d’être au moyen-âge. C’est pour cela que Vatican I, Vatican II ou Vatican 36, l’Eglise ne bouge pas sur ses positions et est toujours aussi réactionnaire. J’ai pris cet exemple car c’est un fait choquant mais il y en a bien d’autres !

M.S. : Pour rebondir sur ce que tu dis, c’est tout à fait juste, et l’Eglise continue à vouloir régenter la vie des gens, que se soit le corps ou l’esprit. Je prendrai deux ou trois exemples : la question du préservatif et les conséquences sur la propagation du virus du Sida. Là on a clairement une position qui a des conséquences humaines dramatiques. La première chose quand on veut être un acteur de la vie politique c’est d’avoir conscience que ses discours ont un impact et à ce sujet il y a vraiment quelque chose qui me révolte.
Deuxième exemple : la position de l’Eglise sur le mariage homosexuel ou sur la famille homoparentale considérée comme une supercherie. L’Eglise a envoyé des courriers à tous les parlementaires pour qu’ils ne votent pas ces textes. Là on voit très bien, comme le disait David, que c’est un acteur politique qui a un comportement de lobbying.

D.G. : C’est vraiment cette question là qui est au centre de cette place politique de l’Eglise. Elle essaie de retrouver ce qu’elle a perdu. Elle essaie de retrouver sa place d’antan là où le spirituel guidait le temporel.
Nous avons critiqué très vivement le moment où Nicolas Sarkozi est devenu officiellement le chanoine de Latran, c’est-à-dire inféodé, en tant que Président de la République, au Vatican.
L’Eglise subit une véritable crise. Il lui a fallu pour resserrer ses troupes, réintégrer les intégristes. Réintégrer ceux qui développent, notamment en France, des sites qui relaient la lutte de leurs amis aux Etats-Unis, les « Pro life », en comptabilisant le nombre de bébés sauvaient de l’avortement !
Sur ces questions l’Eglise n’a pas changé.

M.S. : Quand on voit le refus sur les cellules souches embryonnaires, on voit bien qu’il y a un refus au progrès, à la recherche.

D.G. : Elle est d’autant plus prise de court sur ces sujets là qu’il est évident que les crises qui se sont développées, sont des crises qui deviennent publique : l’exemple du major d’homme mis en examen. Ce qui est tu derrière c’est qu’au même moment le responsable de la banque de l’Institut des œuvres religieuses, c’est-à-dire la banque du Vatican, a été démis de ses fonctions sans que le Pape soit au courant ce qui est vraiment symptomatique d’une crise interne à l’Eglise. C’est ce qui les oblige à pousser le bouchon plus loin, à aller s’inscrire dans le paysage politique et à s’affronter politiquement. Je dirai que l’Eglise est aux abois. Une essayiste chrétienne qui s’appelle Christine Pedotti, a écrit un livre qui s’appelle « Faut-il faire Vatican III ? » qui pose la question d’un autre Concile donc de la réalité d’une crise. Elle dit « Face à la crise de confiance on ne cesse de faire des rappels à l’autorité et on loue l’obéissance comme étant le critère de la vrai fois. C’est ainsi que l’appel à la désobéissance de plus de 400 prêtres autrichiens a été balayé comme l’avait été avant lui la protestation de centaines de théologiens germanophones, comme viennent d’être soumis au silence les six prêtres irlandais qui demandaient de profondes réformes dans l’Eglise d’Irlande, sinistrée par les affaires de pédophilie. » L’Eglise est à la fois confrontée au choc des affaires toutes aussi glauques les unes que les autres, aux affaires internes comme le major d’homme, aux affaires de financement, et en même temps continue à avoir des positions totalement réactionnaires par rapport à ça.
C’est pourquoi ce colloque est important et pourquoi l’inscription à ce colloque est importante. Claire va vous en dire un mot.

C.G. : Pour vous inscrire vous avez l’adresse mail de la fédération de Metz : lp57@wanadoo.fr.
Après ce que vient de dire David en parlant de la crise profonde dans l’Eglise et concernant Vatican II qui avait été fait pour que l’Eglise rentre plus dans la société civile, à ce sujet là la fédération de Paris et les fédérations de région parisienne organisent un meeting le 7 décembre pour l’abrogation de la loi Debré. Cette loi permet le financement public des écoles privées et est la mère de toutes les lois antilaïques. A chaque fois que l’on attaque en justice on nous oppose la loi Debré dans laquelle il est écrit qu’elle a une mission de service public. Même pour la subvention des crèches à Paris on nous oppose la loi Debré.
Le meeting aura lieu le vendredi 7 décembre à 20h00, à la Bourse du Travail, 85 rue Charlot 75003 Paris. Pour s’inscrire vous pouvez aller sur le site de la Libre Pensée de Paris.

M.S . : Nous n’avons pas parlé effectivement de la loi Debré qui est, pour l’Eglise catholique une manière de s’ingérer dans les missions de service public. Tu peux nous en parler David ?

D.G. : Sur cette question je vous conseille de vous procurer auprès de la Libre Pensée un livre qui vient de sortir, très complet et pour le tarif modique de 7 euros.



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