Ainsi va le monde…..

lundi 5 décembre 2011
par  federation nationale
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Il y a lumière et lumières

La Fédération de la Libre Pensée du Vaucluse écrit à Madame le Maire d’Avignon : « Nous venons de découvrir avec stupéfaction et indignation les affiches municipales qui annoncent la « Fête des Lumières Avignon - 8 décembre 2011 » et qui proclament « La Ville renoue avec la tradition… » et
« Joignez-vous aux processions. Départ des trois églises du centre ville : Saint-Pierre, Saint-Agricol et Saint-Didier jusqu’à la Métropole Notre Dame des Doms ».

Le site municipal véhicule également le même message en précisant « Cette coutume a une histoire. Son origine remonte au XVIIéme siècle. Il s’agit d’une dévotion à la Vierge Marie. Bien avant l’instauration officielle de la Fête du 8 décembre dite de « l’Immaculée Conception » (1854), la dévotion mariale était grande à Avignon… ». Cette fête religieuse, ces processions catholiques ne sauraient bénéficier d’une quelconque publicité, d’une quelconque aide technique, d’une quelconque légitimation de la part de la Municipalité, astreinte, comme toutes les institutions de la République, au strict respect de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat qui stipule dans son article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »

Soutenir, promouvoir, aider une manifestation religieuse quelle qu’elle soit est une violation de la loi de 1905, un encouragement aux revendications communautaristes, c’est une reconnaissance de rites et de dogmes qui ne peut que heurter tous ceux qui ne les reconnaissent pas… Quant à la tradition, frauduleusement invoquée pour justifier cet engagement clérical de la municipalité, force est de constater le nombre très réduit de références que réussit à produire le site municipal... et permettez-nous de rappeler que, dans l’Etat pontifical d’Avignon puis sous le régime du concordat, la chape de la religion officielle ne laissait guère de latitude aux choix individuels des sujets !

Rappelons par ailleurs, et cela remettra en mémoire deux « traditions » du passé avignonnais, qu’en 1781 le pape réaffirmait l’impérieuse application, en les aggravant, de toutes les mesures vexatoires et discriminatoires d’interdictions et d’obligations contre les juifs des Etats pontificaux d’Avignon et du Comtat Venaissin, et que le premier acte du premier Conseil Municipal d’Avignon, élu le 25 mars 1790, fut de supprimer le tribunal de l’Inquisition.

La Fédération départementale de la Libre Pensée et sa section d’Avignon vous prient donc instamment, Madame le Maire, de faire retirer les affiches municipales appelant à ces processions, de rétablir la neutralité du site municipal et de stopper toute aide logistique de la municipalité à cette manifestation religieuse, conformément à la loi du 9 décembre 1905 ».

Donneurs de leçons, diseurs de messes

Les gens adhérent, les gens s’en vont. C’est la grande loi de la démocratie. La Fédération nationale de la Libre Pensée n’a aucun commentaire sur les itinéraires de personnes, qui se réclament fugacement de la Libre Pensée, parcourent ensuite un autre chemin. Étant libres penseurs, et donc, antidogmatiques, il ne nous appartient pas de porter un jugement sur quiconque.

Pour autant, force est de constater que tout le monde n’a pas cette élégance. Une « association » nommée « l’Association des libres penseurs de France », portée sur les fronts baptismaux par de bien curieux parrains (au sens don-corléonesque du terme) s’est fait une spécialité de fulminer contre la Libre Pensée. Loin de nous d’utiliser l’argument du nombre. Nous préférons, comme Fernand Pelloutier, la force de l’argument.

Mais il arrive toujours un moment où les masques tombent. Et les masques viennent de tomber. C’est avec curiosité, mais non sans surprise, que nous venons de recevoir, par quelques laïques offusqués (et on ne saurait les blâmer) une coupure de presse de Sud-ouest (30/11/2011) sur l’inauguration d’un nouveau cimetière municipal à Bassercles dans les Landes.

On y apprend que le maire inaugure le nouveau cimetière municipal. Formidable : à l’entrée sur le portail un grand triangle « symbole universel d’harmonie », avec une croix chrétienne, une étoile de David et un croissant musulman ».

Même le plus profane aura compris : Le Grand Architecte de l’Univers est de retour. Le maire n’a jamais sans doute lu la loi du 9 décembre 1905 dite de séparation des Églises et de l’État qui stipule dans son article 28 que : « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépultures dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions ».

En clair, sur les tombes tout est permis, dans les cimetières municipaux, la neutralité est de rigueur. Il ne saurait y avoir un quelconque emblème religieux qui « ouvre et couvre » le cimetière municipal. Le maire viole la loi.

Et le maire se réjouit. A son inauguration se pressent le curé, le rabbin, l’imam, le pasteur et le représentant local de l’ADLPF.

Le journal Sud-Ouest écrit, le maire parle : « Aujourd’hui, on ouvre ce lieu dans la tradition républicaine. Il doit être une terre de paix pour tous les hommes » lance l’élu avant d’inviter chacun des religieux et l’athée à prendre la parole. « Morts, on est tous pareils ».

Dans cet ordre, l’abbé Bruno Portier, curé de la paroisse, l’agnostique Manuel Fernandez (de la Fédération landaise des libres-penseurs de France), le rabbin Marc Bondot, venu de Pau, l’imam Allal Bahja et le pasteur Laurent Marty prennent la parole. »

On sent l’émotion, on sort les mouchoirs. L’union nationale est en marche. Georges Brassens commence à sourire. Sonnez hautbois, résonnez musettes !

Et d’un coup d’un seul, c’est la « laïcité » à la sauce Sarkozy qui triomphe. C’est le Concordat qui revient. Napoléon avait inventé le sanhédrin. Sarkozy a besoin de « libres penseurs » concordataires, c’est le strapontin dévolu à l’ADLPF.

Décidément, une chose est sure : la messe est dite et bien dite. Voilà de biens curieux « libres penseurs ».

Ite missa est. Amen.

Les Landes se suivent, mais ne se ressemblent pas

La Fédération officielle de la Libre Pensée des Landes a une autre conception de la laïcité. Elle est intervenue sur le respect du non-financement public des cultes. Voici ce que lui a répondu Henri Emmanuelli, Prédisent du Conseil Général :

« Je prends connaissance de cotre courrier en date du 10 juin 2011 dans lequel vous souhaitez connaître la position du Conseil Général des Landes quant à son éventuelle participation financière à la cérémonie de béatification prévue à Dax le 19 juin. Tout d’abord, je vous précise que les organisateurs n’ont pas sollicité de subvention auprès de notre institution pour cette manifestation.

Cependant, les services de l’Etat ont souhaité nous informer de la venue d’un Ministre de la République, ne la personne de Monsieur Michel Mercier, garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Libertés, à cette cérémonie. Or, comme vous le savez, la loi de 1905, dans sa lettre et son esprit, a parfaitement fixé les conditions de la séparation des Églises et de l’Etat.

Par conséquent, je ne peux que regretter le choix de l’Etat, pourtant garant des fondements de la laïcité et de la liberté de culte dans notre société, d’envoyer un ministre de la République en exercice pour la représenter, au risque de semer le trouble et l’incompréhension auprès de nos concitoyens attachés aux valeurs fondatrices de notre pacte républicain.

Enfin, je tiens à vous affirmer que le Conseil Général des Landes, soucieux du bon usage du denier public et du respect scrupuleux des termes de la loi de 1905, n’a pas participé au financement de cette cérémonie. »

Russie, la Vierge rend malade

Source (Lemonde.fr : 23/11/2011) : « 52 Russes hospitalisés pour avoir voulu admirer la ceinture de la Vierge Marie. Plus de 200 000 pèlerins russes se sont recueillis devant une relique orthodoxe censée stimuler la fertilité et exposée à Moscou depuis samedi. Parmi eux, 52 personnes ont dû être hospitalisées après de trop longues heures d’attente dans le froid, selon les autorités russes. Les pèlerins attendent en moyenne entre douze et quinze heures par des températures glaciales. Mercredi matin il faisait ainsi - 11 °C. Au total, 384 personnes ont eu besoin de soins et 52 ont dû être hospitalisées, notamment à cause de malaises cardiaques, selon le département de la santé de Moscou, cité par Ria-Novosti. La relique qui "possède une force étonnante et aide à la fertilité", selon le site du gouvernement russe, est exposée depuis samedi à Moscou, dernière étape après un pèlerinage dans quatorze villes russes qui a mobilisé près de deux millions de croyants. »


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