COMMUNIQUÉ
Pour la défense de la laïcité

mardi 18 janvier 2011
par  federation nationale
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En ce moment, beaucoup de responsables politiques, venus de tous les horizons, clament haut et fort qu’ils sont les chevaliers blancs de la défense de la laïcité lorsqu’apparaît au coin de la rue un fidèle musulman peu enclin à la discrétion ou une femme voilée. Leur zèle bruyant à contester la liberté de conscience, y compris en exerçant leur office de législateur, n’a d’égal que leur silence face aux atteintes véritables à la laïcité.

À la demande de l’aumônier de cette arme, le 18 mai 1962, le pape Jean XXIII a publié un bref par lequel il a placé la gendarmerie sous la protection de Sainte-Geneviève. Seule la jeune fille pure qui rendit la vue à sa mère après s’être signée au-dessus d’un seau d’eau et soutint vaillamment le moral des Parisiens, au Vème siècle, devant la possible arrivée des Huns pouvait devenir la « patronne céleste de Dieu » de la maréchaussée. Forts de cet éminent patronage, en présence des autorités de l’État et souvent des élus locaux, les gendarmes fêtent dignement Sainte-Geneviève en se rendant à la messe, sur ordre du commandement, pendant le temps de service et en tenue. Or, cette pratique, que d’aucuns qualifieraient d’anodine coutume française, est parfaitement illégale. Aux termes de l’article L. 4121-2 du code de la défense, auquel les gendarmes sont soumis, « Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres. Elles ne peuvent cependant être exprimées qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire. Cette règle s’applique à tous les moyens d’expression. […] » Les gendarmes qui souhaitent pratiquer un culte peuvent donc le faire, y compris dans les enceintes militaires desservies par l’aumônerie des armées, mais avec discrétion et en dehors du service. Leur qualité d’officiers de police judiciaires devrait d’ailleurs les astreindre à la plus grande réserve.

Du képi à la crèche

De même, nombreux sont les édiles qui autorisent des occupations temporaires du domaine public pour y installer des crèches de Noël, voire utilisent le personnel municipal pour les édifier. Là encore, des laïques d’opérette, plus à l’aise avec les nostalgiques de Vichy qu’avec les défenseurs des droits de l’homme et de la liberté de conscience, y voient une innocente tradition française. En vérité, les décisions des maires ou des conseils municipaux autorisant l’installation de crèches sur le domaine public enfreignent gravement la Loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Églises et de l’État dont l’article 28 dispose qu’« il est interdit […] d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant aux cultes, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. » Sur requête de l’ancien maire de la commune de Montiers (Oise), scandalisé par l’installation d’une crèche de Noël en contrebas de l’église et tout près du monument aux morts, le tribunal administratif a annulé la décision d’octobre 2008 d’édifier un tel signe religieux, le 1er décembre 2010. En dépit de la sanction du juge, l’actuel maire de Montiers a maintenu la crèche de Noël 2010. Cette violation volontaire des lois de la République par un élu est inacceptable.

Avec la Libre Pensée :
Agissons pour faire respecter la loi de 1905

Paris le 16 janvier 2011


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