57 initiatives avec la Libre Pensée avec 3 500 participants
Pour la réhabilitation des Fusillés pour l’exemple

samedi 20 novembre 2010
par  federation nationale
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Le 11 novembre 2010, et autour de cette date, ce sont 57 initiatives de toutes natures : rassemblements pacifistes, conférences publiques, débat autour d’un film avec le Général Bach et le réalisateur Alain Moreau, qui se sont tenues.

Près de 3 500 participants ont ainsi pu se rassembler pour défendre cette cause de justice. On n’avait jamais connu une telle mobilisation. Dans la plupart des rassemblements devant les monuments pacifistes, on notait la présence active des Fédérations départementales de la Libre Pensée, des Associations laïques des amis des monuments pacifistes, de l’Association Républicaine des Anciens Combattants, de la Ligue des Droits de l’Homme, de l’Union Pacifiste de France, du Mouvement de la Paix, mais aussi, en certains endroits du Cercle Henri Barbusse, les Amis de Monthéus, de La Ligue de l’Enseignement et d’autres Associations d’Anciens combattants.

Dans plusieurs endroits, de manière significative, les organisations syndicales ouvrières de la CGT, de la CGT-FO et de la CNT étaient aussi présentes ; beaucoup de maires, de conseillers généraux avaient tenus à faire le déplacement à cette occasion. On notait aussi souvent la présence du PCF, du POI, du PG, de la FA, de la CNT. La presse locale et FR3 ont largement couvert ces évènements.

Ceci est la marque d’une véritable mobilisation populaire pour obtenir que justice soit rendue aux victimes de la barbarie militariste. Nous ne pouvons citer tous les rassemblements, mais on peut donner, comme nombre de participants, quelques exemples : 120 dans l’Allier, 100 dans l’Ardèche, 80 à Vitrolles (13), 50 en Charente, 500 à Gentioux, 200 à Aniane (34), 120 dans la Loire, 50 à Creil (60), 50 aussi à Pau (64), 80 dans le Tarn, 40 dans le Vaucluse, 100 à Aulnay (93), 40 à Alfortville (94), 40 dans le Val d’Oise.

Des conférences publiques et des banquets ont eu aussi lieu à cette occasion. Tout ceci commence à avoir des résultats positifs. Il y a désormais 8 Conseils généraux qui ont pris position pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale : Aisne, Allier, Ardèche, Corrèze, Doubs, Haute-Saône, Oise, Somme.

Un discours –type a été prononcé, dans la plupart des rassemblements pacifistes, par les représentants de la Libre Pensée (voir ci-dessous). A Eybens dans l’Isère, le représentant de l’Association Laïques des Monuments Pacifistes, Pascal Costarella devait citer cet exemple édifiant : « Un de nos amis, professeur d’histoire au lycée Stendhal de Grenoble m’a fait parvenir des documents que je voudrai vous citer rapidement.

Il s’agit de l’histoire d’Aristide APPOURCHAUX, directeur d’école, né le 12 juin 1895 (dans le Nord) décédé le 19 janvier 1968 et qui faillit être révoqué en 1924, pour son refus d’appliquer la circulaire ministérielle suivante : « 5e Anniversaire de l’Armistice.- Le 10 Novembre 1923, une brève leçon sera faite dans chaque classe pour rappeler la grandeur de l’effort français, pendant la guerre, pour engager les jeunes Français à défendre et à fortifier la paix et à proclamer la nécessité de l’accomplissement des traités réparateurs. On rappellera le rôle de la France à la Société des Nations. On terminera par l’Appel des habitants de la commune morts pour la France, en indiquant le sens élevé de cet hommage. »

Pour sa défense, voici des extraits de son discours qui garde toute son actualité : "Mon attitude peut-elle être interprétée comme un refus de rendre hommage aux morts ? Je proteste formellement contre une telle interprétation. Mon hommage aux Morts, pour ne pas être pareil à l’hommage officiel, est cependant réel. De plus, il est efficace. Il n’y a qu’une seule façon légitime de respecter la mémoire des millions d’hommes tombés sur le champ de bataille : c’est d’essayer de réaliser l’idéal pour lequel ils sont tombés. Faire la guerre à la guerre ! Voilà en quoi consiste le véritable hommage aux morts.

Et pour cela, il faut faire toute la vérité sur la genèse, les causes véritables de la guerre. Si les peuples savaient pourquoi ils se précipitent les uns contre les autres, ils ne marcheraient pas. Il faut donc les éclairer. Il faut réclamer avec insistance, avec ténacité la punition exemplaire des responsables, de tous les responsables, quelle que soit leur nationalité. Il faut enfin et surtout travailler à l’édification d’une Société fraternelle, dans laquelle l’exploitation de l’homme par l’homme sera un crime, de laquelle le « Profit » sera banni. Car c’est l’appétit du « Profit » qui cause les guerres."

Et le syndicaliste qui l’accompagnait dans sa défense était lui encore plus précis. Quelques extraits :"Quant aux causes, la guerre de 1914-1918, ne diffère pas des autres, toutes ont pour but le vol et pour moyens le crime, l’incendie, le viol. La guerre, n’est ni splendide, ni divine, et qu’est-ce que la gloire militaire ? La gloire de verser le sang, d’égorger des hommes, de violer des femmes, de décapiter des enfants, d’incendier des maisons, de détruire des palais et des œuvres d’art, de piller des églises : voilà la gloire militaire ! Mais cette gloire, les sauvages eux-mêmes peuvent la conquérir ! Les conducteurs des peuples font dire et écrire que le mobile des guerres c’est la haine patriotique, l’honneur national insulté, le drapeau sali. Mensonges, mensonges, pour cacher le crime. Le mobile plus secret, l’unique, le vrai, l’inavouable, c’est l’Argent.

Les guerres sont discutées et décidées par la nuée de corbeaux et de chacals, par toute la faune sanguinaire avide de la curée sanglante, qui s’agite autour de leur drapeau qui claque au vent. Ces êtres avides de sang et d’or trouvent des avocats dans les milieux gouvernementaux, ils paient abondamment la presse pour mener des campagnes, avec leur or ils déchaînent le mensonge en supputant ce qu’une guerre coûtera de cadavres, mais surtout ce qu’elle leur rapportera. Ils s’abritent dans les conseils d’administration des sociétés industrielles, ou se cachent derrière les comptoirs des grandes banques. La cause de la dernière guerre se trouve à Briey (en Meurthe-et-Moselle qui était le centre de la sidérurgie française) et dans la Sarre, elle se trouve dans les dossiers de Londres, du Creusot et d’Essen, elle est connue de Schneider, de De Wendel, des Rotchilds, de Krupp, de Tyssen, du baron Empain. Aussi Anatole France, une vraie et pure gloire de notre pays a pu dire : « On croit mourir pour la Patrie, et l’on meurt pour les industriels. »

Et en conclusion, ce syndicaliste, lui-même instituteur et qui, lui, avait été mobilisé, déclare aux accusateurs : "Pour savoir comment ils sont morts il aurait fallu que vous soyez avec nous, les pieds enlisés dans la boue des tranchées alors que sur nos têtes éclatait la mitraille, et que les gaz asphyxiants s’insinuaient, rampaient, se glissaient, montaient pour venir nous prendre à la gorge. Vous n’avez pas connu la rage, le désespoir, les larmes des malheureux qui montaient en ligne. Ils partaient avec la pensée concentrée sur les êtres chers qu’ils ne reverraient peut-être plus, ils marchaient l’esprit et l’âme livrés à deux sentiments différents : l’amour pour ceux qu’ils allaient quitter, la rage contre leurs bourreaux, ils marchaient en victimes, en sacrifiés, et, je vous l’assure, ils n’allaient pas à la mort avec la figure éclairée par un sentiment patriotique, ils n’allaient pas mourir pour la Patrie, ils y allaient la rage au cœur, en fatalistes parce que forcés et contraints.

J’estime qu’aux yeux du ministre, je suis beaucoup plus coupable que mon camarade Appourchaux, parce que j’ai dit à mes élèves ce qu’était la guerre, les souffrances, les misères, le martyr qu’avaient subis leurs pères avant de tomber sous la mitraille et de les laisser seuls sur la terre aux prises avec les mercantis, les profiteurs et les chacals de toute envergure. J’ai commenté et mis à leur portée les idées de Voltaire, de Victor Hugo et d’autres sur la guerre. En termes adaptés à l’intelligence et à l’âge de mes enfants, j’ai parlé du pacifisme évangélique, du pacifisme bourgeois et du pacifisme ouvrier ; et j’ai la prétention de ne pas avoir heurté aucun sentiment chez les parents de mes élèves s’ils avaient pu m’écouter. Ma causerie terminée, j’avais l’âme sereine, convaincu d’avoir servi la vérité. ».

L’année prochaine, si nous n’avons pas obtenu satisfaction, le nombre de rassemblements ira encore en augmentation, les Fédérations de la Libre Pensée s’y emploient dès maintenant. Nous obtiendrons justice pour les Fusillés pour l’exemple !

Christian Eyschen



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les photos des rassemblements, conférences (...)
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