01 Intervention de la Fédération Nationale de la Libre Pensée

par Marc Blondel, président de la FNLP
lundi 5 juillet 2010
par  federation nationale
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Amis, Citoyens, compagnons, camarades et chers amis,

J’ai la mission et le plaisir de vous apporter le salut fraternel de la Fédération nationale de la Libre Pensée et du Comité International de Liaison des Athées et des Libres Penseurs.

Je tiens à vous remercier d’être présents en ce jour, venu de l’hexagone mais aussi d’autres pays, comme nos amis anglais de la NSS. Je tiens aussi à saluer fraternellement Sonja qui est Présidente de l’Union Internationale Humaniste et Laïque, l’IHEU.

La Libre Pensée est heureuse et fière de participer à ce rassemblement dont l’initiative, je dois le rappeler, a plus d’un siècle et qui a, malgré les difficultés de l’histoire, toujours réussi à se maintenir.

Le monument, que nous avons honoré tout à l’heure près du canal, n’est pas banal, il est exceptionnel. Et il fait chaud au cœur du militant syndical que je suis resté. Un Monument « élevé par le Prolétariat à l’Émancipation intégrale de la Pensée humaine », c’est quand même quelque chose, mesurons sa dimension. C’est la fusion totale entre l’action sociale, la liberté des travailleurs et la liberté absolue de conscience.

Nous sommes réunis aujourd’hui au carrefour de plusieurs anniversaires. D’abord celui de la décapitation du Chevalier de la Barre, un premier juillet 1766, victime de l’intolérance religieuse, puis l’anniversaire de l’indépendance des colonies anglaises en Amérique du Nord, un 4 juillet 1766, et encore celui de la grande Fête de la Fédération, un 14 juillet 1790, qui vit la Nation se constituer en France pour proclamer la Liberté, l’Égalité, la Fraternité.

Tous ces évènements historiques sont marqués du sceau du combat pour la liberté et d’abord la liberté absolue de conscience. C’est ce combat-là que la Libre Pensée, avec d’autres à ses côtés, a su faire triompher le 9 décembre 1905 par le vote de la loi de Séparation des Églises et de l’État qui fut la fille de la Révolution française.

Cette idée de séparation, de laïcité institutionnelle a été pensée par les philosophes des Lumières, bercés par la civilisation gréco-latine et par la Renaissance. Elle a vu ensuite le jour en 1791 aux États-Unis d’Amérique du Nord, en 1795 en France, au Mexique en 1857, de nouveau en France en 1905 par l’abolition du honteux concordat bonapartiste, en Russie en 1918 et en Turquie en 1937.

Depuis cette idée de laïcité s’est emparée du monde, selon la formulation de Jean Jaurès, de plus en plus nombreux sont les pays qui empruntent cette voie. Récemment du Népal à la Bolivie.

Elle affirme ainsi sa vocation universelle.

Amis, Citoyens, compagnons, camarades et chers amis,

Avec des libres penseurs du monde entier, nous avons le projet de constituer, à l’occasion du Congrès de l’IHEU et en plein accord avec celle-ci, à Oslo en août 2011, l’Association Internationale de la Libre Pensée.

Si la lutte laïque et libre penseuse est nationale dans sa forme, elle est internationale dans son contenu. C’est pourquoi nous avons besoin d’une Internationale de la Libre Pensée pour mener partout le combat pour la séparation des religions et des États.

Le Premier Amendement de la constitution des États Unis a formulé en les concrétisant, les principes fondamentaux qui ont fait sortir l’Humanité de la nuit noire des anciens régimes monarchistes et cléricaux. Encore une fois, relisons le premier article du Bill of Rights de décembre 1791 : " Le Congrès n’a pas le droit de voter des lois portant création d’une religion d’État ou interdisant le libre exercice d’une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse ou le droit qu’à le peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour le redressement de ses griefs".

En quelques mots, le programme démocratique est tracé. Il enflammera les peuples et les nations dans les siècles suivants. Il n’est ni américain ni français, il est le patrimoine de l’Humanité toute entière. Il n’y aura, dès lors, plus une révolte, plus une révolution, plus une décolonisation qui ne puisera dans ce programme les armes théoriques pour aller de l’avant et avancer dans la voie de l’émancipation intégrale.

Les formulations politiques du Premier Amendement, nous les retrouvons dans l’œuvre de la Révolution française, dans la Constitution de 1793 et dans les grandes lois de liberté de la Troisième République. Une à une, le peuple français, en prenant le monde entier à témoin, arrachera des lois qui garantiront le droit de pétition, le droit de réunion, le suffrage universel, la liberté de presse, la liberté de constituer librement des partis et le droit intangible de constituer des organisations syndicales indépendantes pour défendre les droits des travailleurs.

Amis, Citoyens, compagnons, camarades et chers amis,

Nous entendons placer notre action de fondation à Oslo dans les pas du Congrès mondial de 1904 à Rome. Rappelons le programme de nos aînés qui nous ont ouverts la voie. Voici deux résolutions importantes qui furent adoptées à l’unanimité.
« La Libre pensée ne pouvant se borner à cette manifestation négative à l’endroit de tout dogme et de tout credo, elle exige de ses adhérents un effort actif en vue de réaliser par les moyens humains l’idéal humain.
Elle se refuse d’ailleurs à donner de sa propre conception de cet idéal le caractère absolu et immuable que s’attribuent abusivement les religions, mais que ne comporte ni la science ni la conscience humaine, l’une et l’autre obligées de se mouvoir dans le relatif et soumises à la loi du progrès.
Loin de céder à la tentation de construire prématurément un système définitif, la Libre pensée propose à l’Humanité, comme le veut la nature des choses, de poursuivre indéfiniment le vrai par la science, le bien par la morale, le beau par l’art. Et si à chaque moment de son développement, elle est prête à rendre compte du résultat actuel de ses recherches, elle est aussi toujours prête à le compléter et à le rectifier, en ajoutant aux découvertes d’hier les découvertes de demain. »

Deux règles de la Libre pensée dans l’ordre pratique et social

1- Première règle : La Libre pensée ne pouvant se contenter d’opinions purement spéculatives qui n’intéresseraient que la pensée individuelle, il lui appartient de fournir une règle de vie, aussi bien aux individus qu’aux sociétés.

Appliquée aux sociétés, elle est la méthode qui consiste à vouloir soumettre aux lois de la raison l’organisation sociale elle-même.

Une société qui s’inspire de cette méthode a pour premier devoir d’enlever à tous ses services publics (administration, justice, instruction, assistance, etc…) tout caractère confessionnel, par où il faut entendre qu’elle doit les rendre non seulement neutres entre les diverses confessions religieuses, mais étrangers et réfractaires à toute influence religieuse, rigoureusement exclusifs de tout dogmatisme, implicite ou explicite.

La laïcité intégrale de l’État est la pure et simple application de la Libre Pensée à la vie collective de la Société. Elle consiste à séparer les Églises de l’État, non pas sous la forme d’un partage d’attributions entre deux puissances traitant d’égale à égale, mais en garantissant aux opinions religieuses la même liberté qu’à toutes les opinions et en leur déniant tout droit d’intervention dans les affaires publiques.

2- Deuxième règle : La Libre Pensée n’étant complète que quand elle entreprend de réaliser socialement l’idéal humain, elle doit tendre à l’institution d’un régime sous lequel pas un être humain ne pourra plus être sacrifié ou même négligé par la société, et par conséquent ne sera mis ou laissé par elle, directement ou indirectement, dans l’impossibilité pratique d’exercer tous ses droits d’homme et de remplir tous ses devoirs d’homme.
La Libre Pensée est donc logiquement génératrice d’une science sociale, d’une morale sociale, d’une esthétique sociale, qui, se perfectionnant par le progrès même de la conscience publique, constitueront un régime de justice : la justice sociale n’est que la raison appliquée par l’humanité à son propre gouvernement.

En d’autres termes, la Libre Pensée est laïque, démocratique et sociale, c’est-à-dire qu’elle rejette, au nom de la dignité de la personne humaine, ce triple joug : le pouvoir abusif de l’autorité en matière religieuse, du privilège en matière politique et du Capital en matière économique. »

Amis, Citoyens, compagnons, camarades et chers amis,

Ceci est notre programme pour hier, aujourd’hui et demain. C’est ce que nous entendons mettre en œuvre à Oslo. Et nous voulons le faire en pleine coopération, les deux organisations internationales n’ayant pas exactement la même nature.

L’IHEU propose l’humanisme comme un mode de vie, cherche à le rendre possible partout, et à s’organiser pour cela. L’humanisme est présenté comme une philosophie concurrente des religions, en ce sens qu’elle est basée sur la raison et la démarche scientifique. Elle revendique sa place dans la société, et le droit pour cette philosophie de pouvoir se présenter et se proposer partout.

La Libre Pensée est une méthode qui s’applique aux individus, mais aussi aux sociétés. Elle propose à la fois l’émancipation individuelle et celle des sociétés humaines. En ce sens, elle est amenée à combattre tous les dogmatismes qui régentent la société, et en premier lieu l’influence des religions, des sectes et de tous les modes de soumission. La Libre Pensée vise à transformer la société, pour y introduire l’égalité des droits par la séparation des États et des religions ou idéologies.

Ces objectifs différents de l’Union Internationale Humaniste et Laïque et la future Association Internationale de la Libre Pensée ne sont pas contradictoires, mais pleinement complémentaires. C’est pourquoi l’Internationale de la Libre Pensée sera une section de l’IHEU, car nous agirons ensemble pour la laïcité.

La Fédération nationale de la Libre Pensée appelle tous les libres penseurs à se mobiliser partout pour faire du Congrès d’Oslo un grand succès qui ferait date dans l’histoire.

Je vous remercie,

Ni dieu, ni maître !
A bas la Calotte !
Et vive la Sociale !


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