Mise au point sur Riposte « laïque »

samedi 30 janvier 2010
par  federation nationale
popularité : 54%

Je m’étais promis, en acceptant de devenir le Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, de ne pas passer mon temps à polémiquer avec ceux qui se déclarent militants des libertés et en premier lieu de la laïcité qui conditionne nombre de celles-ci. Il me semblait, en effet, qu’il était plus important de convaincre les citoyens et les plus jeunes en particulier, du bien fondé de nos raisonnements et analyses et d’accroitre ainsi la raison et la pensée libre, que de ferrailler avec certains de ceux qui s’annonçaient comme des partisans de la laïcité, mais passaient leur temps à démolir voire suspecter le voisin. Je restais, ce faisant, fidèle à une pratique qui fut mienne sur le plan syndical. J’ai souvent été en désaccord avec les autres organisations que la mienne, mais pour autant je n’ai jamais dénoncé leur action, surtout lorsqu’elle était revendicative, quel que soit mon scepticisme sur leur efficacité, d’une certaine façon nous défendions la classe ouvrière. Je pensais même que, quelles que soient nos divergences, le combat pour la laïcité avait besoin de tous.

Mais, cette fois, je déroge à cette règle. Les circonstances (dont je ne suis pas responsable) m’ont conduit à participer, sur Radio France Internationale, à un débat sur la burqa le mardi 26 janvier 2010 ; autre participant Monsieur Pierre CASSEN, créateur de Riposte « Laïque ».

Le débat était opportun puisque les journaux rendaient compte des conclusions de la mission parlementaire et, disons le tout net, il est évident que l’interdiction parlementaire de porter la burqa s’est éloignée. Ce qui nous semblait être la position normale dans une République et une démocratie comme celle que nous vivons. Le journal Le Monde faisait d’ailleurs sa Une sur l’embouteillage législatif.

Pour bien préciser les choses, une disposition législative interdisant le port de la burqa ferait de celles qui la portent (quelles qu’elles soient) des délinquantes. Et c’est ce que nous contestions.

Il nous eut été facile de déclarer que nous avions obtenu satisfaction et que la montagne - il y avait, en effet, une forte mobilisation politique et médiatique - accouchait d’une souris.

Mon interlocuteur semblait, lui, quelque peu dépité et il n’hésitait pas à traiter, globalement, les musulmans comme des fascistes voire des nazis.

J’ai, volontairement, insisté sur le fait que l’interdiction vestimentaire était une expression des pays totalitaires et fait référence à l’interdiction du port du pantalon par les femmes, voire des minijupes, dans certains pays, ce que nous dénonçons.

Cependant, et c’était très clair, j’ai indiqué que la burqa était soumission, voire soumission religieuse, ce que je contestais, parce que, athée, je condamnais toutes les religions qui, par définition, sont soumission.

Mais il est évident qu’en l’état actuel des choses, ce débat (qui était un leurre) – si l’on en croit les conclusions - conduit à institutionnaliser les structures du culte musulman et à remettre en cause, avec un certain culot, il faut l’admettre, la loi de 1905 considérée comme n’étant pas constitutionnelle et d’autoriser ainsi le financement des cultes.

J’attends encore la réaction de mon interlocuteur. Il est évident, pardonnez-moi la liberté d’expression, qu’il est désagréable d’être cocu, car je suppose que l’interdiction de la burqa souhaitée par Riposte « Laïque » n’avait pas pour objectif l’institutionnalisation et le financement des religions.

J’aurais volontiers laissé les gens juger de l’opportunité des propos et, ce, sans commentaire particulier, si Riposte « Laïque » n’avait pas jugé utile de faire, publiquement, quelques commentaires tendancieux.

Celui, quelque peu candide (ce n’est pas péjoratif) de mon interlocuteur CASSEN qui, reconnaissant le militant syndical, semble embarrassé. Il a tort, parce que pour moi, il est un citoyen libre de ses opinions, même si cela nous conduit à dire que c’est un connard, terme qui figure dans le dictionnaire et qui, synonyme de crétin, s’emploie avec une certaine affection dans la région de Toulouse.

Je dois avouer que l’expression de Riposte « Laïque », notamment lorsqu’elle affirme que la charia serait le droit, dans notre pays, me conduirait à un autre jugement. Je vous renvoie à la justice, "au nom de dieu et du roi" antérieurement à la Révolution ; l’Islam n’est quand même pas en situation de remettre en cause la République. Ce qui n’est pas le cas du communautarisme qui, lui, risque de modifier progressivement celle-ci en profondeur.

Mais, le mieux, c’est la critique sur le machisme dont je me serais rendu coupable, hier ou aujourd’hui. D’abord un petit constat, il n’est plus possible de parler de sa propension à être sensible au charme féminin sans être qualifié de macho. Oui, je suis contre la burqa parce qu’elle est soumission et aussi parce que j’aime mieux voir le sourire et les yeux des femmes, quoi de plus naturel ?

Quant à la reprise d’un différend avec une organisation syndicale à l’occasion d’un mouvement de grève que nous avions décidé en commun, j’avoue avoir oublié que la responsable était du sexe féminin et marqué mon désaccord devant son abandon. Mon expression eut été identique si le responsable syndical avait été du sexe masculin.

Ceci étant, tout observateur attentif peut constater que j’ai, régulièrement, milité pour l’égalité des sexes à la fois en défendant des textes égalitaires au niveau international au BIT, et en dénonçant, en France, l’écart de niveau entre les hommes et les femmes. Quant à mon comportement personnel et familial, dont je n’ai pas à me justifier, il est, lui aussi, égalitaire.

Au passage, un constat : il était fréquent dans les familles prolétariennes, que l’époux remette à sa femme sa paye, à charge pour celle-ci de gérer le ménage et, chez les bourgeois, l’homme restait le maître des finances.

Enfin, un dénommé RUBIN, qui serait bien inspiré d’écrire sous le nom sous lequel il est vraiment connu (le pseudonyme ou le nom inconnu de tous : la burqa des rédacteurs peu courageux), m’a provoqué un sourire. J’ai souvenir de sa volonté de se faire photographier à mes côtés, il n’y a pas longtemps. Serait-ce un expert de l’espionnage ?

Mais, de tout cela nous retiendrons que certains, pour faire parler d’eux, sont capables de tout, ce n’est pas la laïcité qui intéresse Cyrano et consorts, mais que l’on parle D’EUX (ha ! la jubilation de CASSEN d’être sur une radio), c’est leur droit, comme c’est le nôtre d’en sourire. Mais, voyez-vous, me contraindre à m’expliquer, à la limite de la confession, pratique que je déteste, parce qu’elle sous-entend soumission, provoque en moi une révolte.

Nous vous laisserons pour ce que vous êtes, une bande d’agités, incapables d’analyses et de réflexions, y compris de vos propres engagements ; des fanatiques, l’inverse d’un libre penseur et de la liberté de conscience.

Au fait, quel jugement Monsieur CASSEN porte sur les conclusions de la mission parlementaire ? On attend toujours !

Marc Blondel
Président de la Fédération nationale de la Libre Pensée


Agenda

<<

2020

 

<<

Avril

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
303112345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930123
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Annonces

RETROUVEZ LA LIBRE PENSEE SUR TWITTER


Brèves

17 mars 2014 - EN HOMMAGE A MARC BLONDEL

Madame, Monsieur,
Chers amis, chers camarades,
Mes Sœurs et mes Frères,
La Fédération nationale (...)

23 avril 2012 - ABROGATION DE LA LOI DEBRE
sur "petition publique"

vous pouvez également signer la pétition pour l’abrogation de la loi Debré sur lesite de Pétition (...)

6 août 2011 - Le professeur Suisse licencié pour avoir voulu décrocher un crucifix est réintégré

Dans une brève parue le 28 janvier dernier, la Fédération Nationale informait avec indignation, (...)

28 janvier 2011 - Valais (Suisse) : Un prof licencié pour avoir décroché un crucifix

Un article très récent du "Matin" (le principal quotidien suisse francophone) rapporte qu’ "Un (...)

16 octobre 2010 - COMMUNIQUE

"Je suis jeune, tendez moi la main", Arthur Rimbaud
La Libre Pensée, plus vieille (...)