La Libre Pensée reçoit le Planning Familial

Michèle Vincent s’entretient avec Françoise Laurant, présidente du Planning familial
vendredi 30 mars 2007
par  federation nationale
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Michèle Vincent : Aujourd’hui la Libre Pensée reçoit Françoise Laurant, Présidente du Planning Familial. Ce n’est pas la première que nous le recevons. Nous avions déjà eu l’occasion de nous rencontrer il y a deux ans environ au moment de l’amendement Garraud. A ton avis quelles sont les craintes du Planning Familial concernant les droits des femmes ?.

Françoise Laurant : En ce qui concerne l’amendement Garraud qui était une tentative de faire reconnaître que l’embryon a les mêmes droits qu’une personne vivante . Fort heureusement, la mobilisation des organisations avait permis de faire supprimer cet amendement. En revanche, il y a beaucoup de conservateurs en France qui voudraient faire reconnaître ce statut juridique. Comme ils n’ont pas obtenu satisfaction par le biais d’amendement législatif, Ils déposent plainte jusqu’à la Cours Européenne des Droits de l’Homme pour essayer de faire condamner la France qui à dans sa législation le fait que pour avoir un droit il faut être une personne ayant vécu. Ni un embryon, ni un fœtus ne répondent à ce critère.

Des équipes d’avocats qui se spécialisent dans ce domaine. Pour l’instant la Cours Européenne des Droits de l’Homme constate que la France ne reconnaît pas que l’embryon ou le fœtus non viable est une personne ayant des droits, mais cela ne va pas plus loin .Il n’empêche que nous devons tous rester vigilants Car cela peut reculer, l’ensemble des pays européens n’ayant pas notre lecture du droit et de la défense de la vie et il y a donc danger par rapport aux droits des femmes.

Je saisis cette occasion pour dire que cette vigilance est la travail de tous et pas seulement du Planning Familial. En effet dès qu’il y a débat sur les grandes questions de société( avortement, contraception, bioéthique, les lobbies réactionnaires se mobilisent très vite jusque dans les Institutions Européennes comme à la Commission Recherche Scientifique ou les lobbies ont une influence importante et nous avons quelquefois frôlé la catastrophe)

Michèle Vincent : Je pense que l’on peut être inquiet quand on lit le message qui a été édité par le Conseil Permanent de la Conférence des évêques de France à l’occasion des élections à venir quand il dit : comment construire la confiance si la société accepte l’exclusion des plus faibles , depuis la pratique de l’avortement, jusqu’à la tentation de l’euthanasie ? Position intéressante de l’église s’il en est !

Françoise Laurant : L’église ne change pas , mais ce qui est nouveau c’est que l’église nous fait un paquet cadeau en amalgamant la conception , l’euthanasie, la misère , les sans logis et même la reconduite aux frontières des enfants scolarisés. En faisant cet amalgame, elle joue sur la corde sensible , et donne à l’embryon un statut de personne comme aux SDF dans la rue ou aux enfants mal-traités. De fait la corde sensible c’est bien la pauvreté, les morts par le froid, les enfants expulsés… mais il est malhonnête de la part de l’église de mélanger les choses pour essayer de donner le même statuts à leur revendications. J’espère que les femmes ne se laisseront pas manipuler à ce point car il y a une énorme entreprise développée aujourd’hui pour culpabiliser les femmes même seulement dans la maîtrise de leur fécondité sans aller jusqu’à L’IVG . Au delà de la hiérarchie catholique, il y a des lobbies qui essaient de culpabiliser les femmes dans le sens ou vouloir pour elles avoir une carrière et des grossesses quand elles le désire c’est ne pas respecter l’ordre des choses et elles seraient responsables à cause de leurs désirs de tous les malheurs de la terre . Sur les retraites par exemple l’église continue à culpabiliser les femmes en ne posant pas la question de ce qu’elles toucheront à la retraite si elle n’ont pas cotisé assez longtemps mais en disant que si elles ne font pas assez d’enfants, il n’y aura personne pour payer les retraites. Les femmes une fois de plus n’ont pas le droit de se plaindre, mais en plus, elles sont responsables et elles sont culpabilisées. Cela a heureusement peu d’effet, si ce n’est que quand elles sont amenées à demander un avortement, ce n’est jamais en référence à un droit dont l’idée avance peu dans la tête des femmes. En effet, si elles ne sont pas obligées de mobiliser ce droit il existe bel et bien et elles n’ont aucune raison à fournir de cette décision à qui que ce soit. Il suffit simplement qu’elles le demandent . La loi française dit que dès qu’une femme demande une IVG, elle y a droit . Tout est fait pour laisser la femme en situation de culpabilisation et de dépendance face au pouvoir de l’homme et des médecins .


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