Pourquoi je ne participerai pas, en qualité de Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée aux débats et provocations internes au camp laïque.

Marc Blondel
lundi 27 avril 2009
par  federation nationale
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Avril a vu naitre, entre une feuille électronique « Riposte laïque » et notre ami Henri Pena-Ruiz, un débat qui s’est voulu public sur ce que sous entend la laïcité.

Mis en cause, à la suite d’une intervention aux « rencontres laïques internationales » et sur son manque d’agressivité à l’endroit d’une religion, notre ami a mis les choses au point, ce qui est pleinement son droit. Pour ma part, et bien qu’à cette occasion je fus qualifié de « laïque de service », je ne répondrai pas à la provocation.

D’abord, pour une raison de principe et de forme qui, en l’occurrence, n’est pas secondaire. Entre citoyens libres, on peut et on doit, avec des avis et des jugements qui différent, mais entre camarades (si tant est que la laïcité inclue, de facto, cette notion), avant de jouer les procureurs publics, discuter et marquer, le cas échéant, son désaccord par une relation de citoyens.

A moins d’avoir une vocation d’éditeur refoulé ou un égo surdimensionné.

La seconde, qui est moins spontanée, plus réfléchie en quelque sorte, c’est que, par définition et j’allais dire d’expérience, je me méfie des détenteurs de vérités.

La troisième, c’est qu’il n’est pas certain que les querelles publiques nous aident dans le combat nécessaire et permanent pour la laïcité de l’Etat.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée, et surtout ses militants, n’ont aucune leçon à recevoir en la matière.

Trois mots, sur le fond, et je dis bien trois mots, suffisent.

Les libres penseurs sont hostiles à toute soumission, y compris celle des religions, nous ne portons pas jugement entre les prétendues bonnes et mauvaises religions, celles qui seraient dangereuses et d’autres qui le seraient moins.

Ce n’est pas la religion : « combien de divisions », c’est la religion : « opium du peuple » !

Alors, nous nous battons sur tous les fronts, au niveau international, européen, national et local, pour les grandes et petites choses.

Certes, les évènements nous conduisent à traiter les dangers les plus proches et force est de constater qu’elles viennent de l’Eglise catholique et romaine et de la perversité de notre gouvernement.

Mais, nous ne sommes pas dupes. Nous mesurons les risques de communautarisme et surtout les conséquences de celui-ci. Il porte, en lui, le risque de guerre civile. Les exemples ne manquent pas.

Mais, devons-nous pour autant acquiescer, lorsque Monsieur BERLUSCONI n’hésite pas à utiliser les catholiques contre les islamistes ? Devons-nous flatter, ce que nous pouvons appeler de la xénophobie et pourquoi pas alimenter les éventuelles querelles religieuses ?

Soyons clairs, nous mettons Jésus, Allah, Jehova, Vishnou, le Dalaï-Lama et le Pape dans le même panier.

Pour en revenir au débat public, il y a quelques jours, j’ai controversé avec un journaliste sur RFI qui a, avec un de ses collègues, publié un livre sur le fait que le catholicisme n’était pas la pire des religions.

Un aveu ou une tactique ? On a les alliés que l’on veut.

La différence, et elle est de taille, c’est qu’être libre penseur, c’est être laïque avec quelque chose en plus, la recherche de la raison.


On notera que, volontairement, j’ai personnalisé mon propos, simplement parce que je comprendrai qu’au sein même de la Libre Pensée, il y ait des avis différents aux miens.


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