VOEUX ET MOTIONS

jeudi 17 juillet 2008
par  federation nationale
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1789-2009

Le bicentenaire de la Révolution en 1989 a été marqué par une commémoration molle, dont les expressions officielles et médiatiques étaient consensuelles, sinon atténuées.

Les sentiments communément répandus étaient le regret et le contre-cœur.

On privilégia le spectacle contre le fond : ainsi, le défilé de Jean-Paul Goude fut l’apogée du 14 juillet 1989.

Il n’en demeure pas moins qu’il y eut débat et que l’historiographie révolutionnaire classique se fit entendre fortement, notamment dans l’organisation de manifestations dont la plus connue fut le Congrès international de juillet 1989, en Sorbonne, autour du professeur Michel Vovelle.

La Libre Pensée, bien modestement à cette époque, organisa un colloque en défense de la Révolution ; si ses réalisations furent limitées, il témoigna nettement de notre volonté de nous inscrire dans la défense des traditions révolutionnaires.

Vingt ans plus tard, le contexte est sensiblement différent.
Le 250e anniversaire cette année de la naissance de Robespierre, « L’incorruptible », fondateur de la République, fut honteusement passé sous silence.

Tout au contraire, on assiste à une véritable starisation de Marie-Antoinette, y compris dans des musées publics.

Le sort opposé de ces deux personnages historiques, antagoniques, est clairement illustratif de la période que nous traversons.

La mise à mort de la République une et indivisible, celle de la Nation souveraine, sont dans l’air du temps.

« Démocratie », « Jacobinisme », « Révolution » sont fréquemment utilisés comme des termes infamants, y compris par des universitaires, des publicistes, des responsables publics, voire des élus du peuple qui oublient que l’élection des délégués du peuple par le peuple est un résultat de la Révolution.

Il ne s’agit pas pour nous, Libre-Penseurs réunis en Congrès, de rappeler l’importance de la Révolution française ; la définir en quelques lignes serait impossible.

D’autres que nous, historiens, scientifiques, chercheurs, politiques, le feront sur leur terrain mieux que nous et dans leurs compétences propres.

Nous rappellerons simplement qu’il s’agit de l’événement fondateur de la démocratie politique.

L’Humanité n’est pas assujettie à son propre destin ; elle peut s’en échapper, le modifier, le bouleverser.

Les hommes sont acteurs de leur histoire.

A ce titre, l’abbé Canet dans un ouvrage intitulé « La libre Pensée contemporaine » datant de 1885 et réédité cette année écrivait « l’une des plus funestes erreurs de la Révolution française a été de ravir à l’autorité le caractère divin que lui avait donné Jésus Christ, pour ne voir en elle que la délégation populaire ». L’abbé Canet a raison, à la différence que pour nous, Libre-Penseurs, il s’agit d’une des plus importantes victoires de la Révolution.

La Libre Pensée est, sans ambiguïté, avec la Révolution française non seulement contre ses adversaires, passés et présents, mais aussi contre les oublieux.

En conséquence,

En relations avec la FNLP, l’IRELP organisera un colloque de haut niveau en juin 2009 pour le 220e anniversaire de la proclamation de l’Assemblée nationale le 17 juin 1789, acte fondateur de la Nation souveraine,

Ce jour-là, les députés du Tiers Etat représentant l’écrasante majorité de la population se proclament Assemblée nationale, rompant ainsi avec la structure féodale des Etats Généraux par lesquels des représentants d’ordres sociaux conseillaient le Roi, structures auxquelles on veut nous faire revenir sous la forme des Commissions et Hautes Autorités au-dessus des élus du peuple.

Le 17 juin 1789, la Nation souveraine était affirmée.

Le 27 juillet 2008, anniversaire du 9 thermidor (27 juillet 1794), jour de la mort de Robespierre, se tient un rassemblement devant la maison Duplay, rue Saint-Honoré, où vécut Robespierre à partir de 1791.

La Libre Pensée y sera présente.

Enfin, le Congrès de la Libre Pensée décide de soutenir l’appel lancé pour que le nom de Robespierre soit donné à un lieu public de Paris (appel joint).


APPEL POUR UN LIEU PUBLIC « ROBESPIERRE » A PARIS

Depuis plusieurs années, la Mairie de Paris mène une politique active et audacieuse sur la dénomination des lieux publics de la Capitale.

Par définition, cette politique suscite débat.

La dénomination de ces lieux publics (rues, places, voies etc) est diverse, voire hétérogène.

Rappelons ainsi certains noms
- Le général pacifiste et parachutiste Jacques Pâris de la Bollardière
- L’écrivain Romain Gary
- L’émir Abd-el-Kader
- L’espalanade du « 9 novembre 1989 »
- Theodor Herzl, fondateur du sionisme
- Célestin Hennion, préfet de police de Paris sous Clémenceau
- Jean Paul II
- Et bien d’autres.

Pour le moins, certaines de ces dénominations ont suscité controverses.

Mais, la Mairie de Paris a décidé de dénommer ainsi ces lieux publics.

Elle a donc choisi et tranché, sans rechigner à la polémique.

Nous ne contestons pas les prérogatives d’un Maire, d’une Mairie, d’une Commune, à partir du moment où les choix s’inscrivent dans les valeurs fondamentales de la République : « Liberté, égalité, fraternité » et dans le préambule de la Constitution de 1946, repris en 1958 « La France est une république démocratique, laïque et sociale ».

C’est dans le cadre de ces prérogatives et de ces valeurs que les soussignés demandent à la Mairie de Paris de nommer un lieu public « Robespierre ».

Nous ne demandons pas à la Mairie de Paris de partager l’appréciation qui est à la notre concernant Maximilien Robespierre.
Pour nous, initiateurs de cette demande, Robespierre eut, entre autres mérites, d’être :

Celui qui agit pour que la devise « Liberté, Egalité » soit complétée par « Fraternité », devise qui devint celle de la République, jusqu’à nos jours.

Celui qui combattit pour l’abolition de l’esclavage et l’obtint

Celui qui, le premier comme responsable politique, se prononça pour l’abolition de la peine de mort

Celui qui instaura le « maximum » des prix, ce qui dans les temps que nous connaissons, n’est ni une utopie ni un fantasme.

Celui qui agit pour la Constitution de 1793, première Constitution républicaine de notre pays

Celui qui entra au Comité de salut public en juillet 1793 pour en sortir à sa mort, la Révolution sauvée.

Celui qui resta dans le cœur et dans la mémoire des hommes comme « l’Incorruptible », et à ce titre salué par tant de républicains, au nombre desquels nous ne mentionnerons que Jean Jaurès.

Celui qui fut un des fondateurs de la République.

Celui qui définit la République comme « une et indivisible ».

Celui qui se prononça contre la guerre et contre le militarisme.

Répétons-le, ces mérites que nous reconnaissons à Maximilien Robespierre, comme les mérites que nous reconnaissons à d’autres personnages historiques de la Révolution française, également fondateurs de la République et porteurs de ses valeurs, nous ne demandons à personne d’autre qu’à nous mêmes l’honneur de les porter.

Nous demandons, en toute justice, que le nom de Robespierre soit officiellement inscrit dans le patrimoine topographique de la capitale.

En conséquence, les citoyens soussignés appuient le vœu des initiateurs de cette demande

« Robespierre, élu de Paris de 1792 à 1794, fondateur de la République, doit avoir un lieu public de la capitale (rue, place, voie) à son nom »


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