Résolution laïque

jeudi 17 juillet 2008
par  federation nationale
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Le congrès de la Libre Pensée, réuni à Roanne du 9 au 11 juillet 2008, constate que les atteintes à la laïcité de l’Etat, des services publics et plus particulièrement de l’Ecole se multiplient. Certaines de ces atteintes apparaissent nettement, d’autres sont plus insidieuses. Il s’agit d’un plan cohérent pour abattre la laïcité institutionnelle, l’un des piliers de la République. Le Président Sarkozy a donné le ton dans les discours du Latran, de Ryad et au dîner du CRIF, se faisant le relais de l’Europe vaticane, planifiant la destruction des principes de la République, dont il devrait être le garant. Il s’agit pour ce gouvernement inféodé aux institutions de l’Union Européenne d’en finir avec la laïcité en France, de reconfessionnaliser la société, de mettre en place le communautarisme, d’instrumentaliser la religion au bénéfice du politique, soit l’exact contraire de la Séparation des Eglises et de l’Etat. C’est inacceptable !

L’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 stipule que la République ne reconnaît aucun culte. Le congrès exige que les élus ou les représentants de la République :
- ne participent pas es-qualité à l’inauguration de lieux de culte ou à des cérémonies religieuses,
- ne manifestent pas dans l’exercice de leurs fonctions leurs convictions religieuses,
- n’associent pas des représentants religieux à des manifestations officielles,
- n’invitent pas les citoyens à des cérémonies cultuelles …

Le congrès se prononce contre la création de carrés confessionnels dans les cimetières.

Le congrès demande que dans chaque commune, soit mise à disposition une salle municipale pour les familles qui désirent que soit tenue une cérémonie laïque pour des funérailles civiles.

Le congrès réaffirme sa revendication d’abrogation du statut concordataire d’Alsace-Moselle et des statuts locaux, contradictoires avec la Séparation des Eglises et de l’Etat.

Nous condamnons la demande du Président de la République de faire entrer au Conseil Economique et Social un prêtre et un rabbin sous le prétexte fallacieux d’y traiter les questions de pauvreté.

La « gestion pragmatique des cultes » mise en place par des élus de toute tendance politique, en contournant la loi de 1905, avec des subventions publiques, entretient la confusion entre cultuel et culturel.
Dans le domaine social, les associations caritatives prennent la place des services publics (soutien scolaire, hébergement …), conformément aux directives de l’Union Européenne : cela permet le prosélytisme et l’implantation institutionnelle des communautarismes.
La remise en question du monopole de la collation des grades, via le processus de Bologne, va permettre la reconnaissance des diplômes de théologie.

L’enseignement du « fait religieux », dans les programmes scolaires publics, est une véritable introduction de l’éducation religieuse. Il impose une présentation sans critique des dogmes, sans rapport avec l’Histoire, et non une présentation scientifique et rationaliste des faits religieux : cela détruit les principes de l’instruction publique
Il est inadmissible que sous couvert de projets et sorties pédagogiques des élèves se trouvent amenés, comme constaté dans un collège public du Val-de-Marne, sur des lieux de culte pour y rencontrer des religieux et y être endoctrinés.

Une loi permet la mise en place de classes non-mixtes. Comment ne pas y voir les possibilités pour les communautés religieuses d’imposer une séparation sexiste et communautariste.

Le gouvernement supprime des milliers de postes d’enseignants et ferme des classes et des écoles publiques, tandis que l’on ouvre des écoles privées, à 95 % religieuses, subventionnées par l’Etat et les collectivités territoriales. Il s’agit du démantèlement de l’Ecole de la République. Ainsi dans les « quartiers défavorisés », dans le cadre du plan « Espoir banlieues » annoncé par le Président de la République, le gouvernement projette la création d’un fonds spécial pour subventionner en septembre 2008 l’ouverture d’une cinquantaine de classes d’enseignement privé dans les cités.

Une des missions de l’Ecole républicaine a été, et reste, de promouvoir la langue française comme langue unificatrice des citoyens, œuvre combattue par le parti de l’Eglise. La réintroduction des langues régionales et minoritaires dans les institutions publiques entraîne leur mise en concurrence avec la langue de la République. Par exemple, les privilèges et subventions accordés aux écoles Diwan participent au développement du communautarisme.

Le congrès réitère sa demande d’abrogation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004, qui impose aux communes de prendre en charge le fonctionnement de l’école privée d’une autre commune, dès lors qu’un élève domicilié sur son territoire, est inscrit dans une école privée de cette autre commune. La Libre Pensée soutient les municipalités qui s’y refusent.

Le congrès se prononce contre le démantèlement de la carte scolaire.

Le congrès dénonce :
- le dispositif de « l’accompagnement éducatif », inscrit dans le plan « Espoir banlieues » et rendu obligatoire dans les collèges et les écoles de l’Education prioritaire, défini dans les circulaires du 4 avril et du 5 juin 2008 [1]
- la volonté du gouvernement de « recentrer l’école sur les fondamentaux » et de supprimer 108 heures par an d’enseignement aux élèves.

Il s’agit de dénationaliser des pans entiers des programmes, comme les disciplines artistiques, sportives, etc … et de faire combler par des initiatives privées les carences sciemment crées.

Ainsi il peut être fait appel notamment à des intervenants extérieurs, en particulier des associations, qui peuvent être religieuses. Avec ce dispositif de « l’accompagnement éducatif », et avec des fonds publics, les associations confessionnelles se trouvent propulsées pour pénétrer l’Ecole de la République.

Le Congrès alerte tous les laïques et leurs associations sur le cheval de Troie anti-laïque que représentent les dispositifs éducatifs qui s’installent dans le péri-scolaire.

La gravité de la situation impose une mobilisation de tous les laïques pour la défense de la loi de 1905, de la laïcité de l’Etat et de l’Ecole, que se soit face à chaque atteinte à la laïcité, comme à l’occasion du rassemblement laïque international le 14 septembre 2008 à Paris contre le financement public du voyage du Pape en France.

La Libre Pensée optimisera et diffusera les outils dont elle dispose : conférences, site internet, DVD Laïcité, aide juridique auprès des fédérations départementales pour des recours en Tribunal Administratif …

La Libre Pensée doit amplifier son travail d’éducation populaire sur la laïcité (en s’appuyant par exemple sur notre DVD Laïcité), développer notre propagande en direction des enseignants, des personnels de l’éducation nationale, des associations.


[1circulaire du 5 juin 2008 publiée au BOEN du 19 juin 2008 et dans la circulaire « Préparation à la rentrée 2008 » du 4 avril 2008 (BOEN du 10 avril 2008).


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