La Libre Pensée sur France Culture - Dimanche 14 septembre 20144

jeudi 13 novembre 2014
par  libre pensee2
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Chers auditrices et auditeurs, bonjour,

Au micro, David Gozlan, secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée.
En cette rentrée je vais vous parler de l’activité de la Libre Pensée de cet été.
En juillet : un colloque sur la recherche sur l’embryon et notre congrès national à Nancy, fin juillet des rassemblements en hommage à Jean Jaurès, hommage auquel la Libre Pensée ne pouvait pas échapper.
En août : congrès international à Londres.

Pour parler de tous cela je reçois aujourd’hui Jean-Sébastien Pierre, Président de la Fédération nationale de la Libre Pensée.

JS.Pierre : bonjour David

D.G. : Pour commencer, peux-tu te présenter car nos auditeurs n’ont pas eu l’habitude de t’entendre ?

JS.P. : Je suis professeur émérite, c’est-à-dire retraité de l’éducation nationale mais jouissant de la possibilité de continuer à faire de la recherche. J’ai passé ma vie professionnelle à faire de l’enseignement et de la recherche dans les champs de l’écologie théorique c’est-à-dire les modèles mathématiques appliqués à l’écologie et à la théorie de l’évolution.

D.G. : Les auditeurs l’auront compris, tu es un scientifique, et nous allons donc parler du colloque sur la recherche sur l’embryon que j’évoquais à l’instant. Nous avions réalisé un colloque il y a 5 ans, peux-tu nous en parler et nous dire pourquoi un nouveau colloque 5 ans après ?

JS.P. : Il y a 5 ans nous étions en pleine interdiction en ce qui concerne l’embryon humain et à la veille de la révision des lois de bioéthique qui ont confirmé et même aggravé l’interdiction de travailler sur l’embryon humain du point de vue de la recherche, et sur les cellules souches embryonnaires.
Cette année nous intervenons après la loi de décembre 2013 qui a transformé le régime d’interdiction de la recherche sur l’embryon en un régime d’autorisation avec encadrement et des limitations. C’était le bon moment pour s’interroger sur quelles avaient été les conséquences, en réalité, de 20 ans d’interdiction de recherche sur l’embryon humain et les cellules souches embryonnaires, où nous en étions à l’heure actuelle, et de quelles manières les scientifiques pouvaient résister à des pressions d’interdiction qui sont manifestement et majoritairement d’origines cléricales.

D.G. : Quelle a été l’avancée de ce colloque là ? Qu’a-t-il amené de nouveau ?

JS.P. : L’avancée de ce colloque a été diverse. Tout d’abord, les intervenants, pour une grande partie, étaient les même que pour le colloque précédent, d’autres ont suivis de nombreux colloques que nous avons réalisés à l’échelle européenne depuis cette période (Barcelone, Thessalonique). Il y avait donc dans ce colloque des intervenants déjà habitués à nos discussions et des nouveaux qui arrivaient dans cette discussion. Ils ont apporté des choses essentielles sur les avancées de la recherche depuis les 5 dernières années, et en particulier sur le fait que l’Eglise a perdu sur la question des cellules souches embryonnaires car même si elles ont été extraites d’embryons humains il y a des années, les capacités des laboratoires en matière de culture cellulaire, font qu’aujourd’hui par les échanges internationaux énormément de gens peuvent travailler aujourd’hui sur ces questions.
Par ailleurs des interventions ont montré à quel point toute l’orientation de l’Eglise était en fait dirigée contre la procréation médicalement assistée.

D.G. C’est d’ailleurs un sujet sur lequel la Libre Pensée va travailler cette année et cela me conduit directement à vous parler du congrès national. Je vous rappelle avant cela que les actes du colloque vont être publiés dans le courant de l’année et nous vous tiendront au courant de cette publication.

JS.P. : Nous avons même pris les dispositions nécessaires pour que cela soit fait dans un délai d’un trimestre.

D.G. : Notre congrès national qui a lieu le lendemain de ce colloque, est revenu à la fois sur l’actualité brulante de la laïcité, mais aussi sur toutes les campagnes que nous menons en tant qu’organisation. Nous avons par exemple abordé la question du 20 septembre. Quelles ont été les orientations que nous avons prises lors de ce congrès ?

JS.P. : Ce congrès a été très positif et il a été, encore plus que les années précédentes, un congrès de travail et d’élaboration avec de nombreux textes qui vont sortir et être à la disposition de nos fédérations et tous les citoyens pourraient être intéressés. J’en retiens deux :
-  tout d’abord le résultat de notre question à l’étude annuelle (celle-ci a duré deux ans) qui a traité de l’attitude des élus vis-à-vis de la loi de 1905 et qui a abouti cette année à une première version d’un guide à l’usage des élus et des citoyens, qui donne tous les éléments juridiques pour s’opposer aux violations de la loi de 1905.
-  Le deuxième que je retiendrai c’est le manifeste des jeunes qui fait suite à une rencontre de jeunes libres penseurs qui ont cherché, tout à fait indépendamment du reste du congrès, à dégager des voies d’action pour le rationalisme et la libre pensée dans la jeunesse.

S.G. : Ce qui est effectivement intéressant dans ce manifeste c’est que se sont des jeunes qui l’ont élaboré avec de multiples idées. Je vous cite le début de ce manifeste :
« Un ventre affamé ne peut être libre. Le droit à un vrai travail, à un vrai salaire, et en relation avec leurs qualifications et diplômes, est donc la condition première de la liberté. La liberté, c’est le moyen d’être ce que l’on veut être. Être libre, c’est être soi. »

Cela ouvre la voie à une discussion avec l’ensemble de la jeunesse et montre le fait que de nombreux jeunes sont intéressés et ont un intérêt à rejoindre la Libre Pensée.

Comme je le disais, dans les batailles qui sont les nôtres il y a aussi la bataille du 20 septembre. Ce 20 septembre a pris une dimension particulière car nous en avons parlé dans notre congrès mais également lors du congrès de Londres.

Avant d’aborder ce congrès de Londres, nous devons également parler de la place des fusillés car il est clair, Jean-Sébastien, que la Présidence de la République ne réhabilitera pas les fusillés pour l’exemple. Qu’avons-nous pris comme position ?

JS.P. : Nous avons décidé d’intervenir dans toutes les manifestations de « commémoration » de la Grande Guerre, c’est-à-dire de l’immense boucherie de 1914-1918, et de rappeler à tout instant et à toute occasion cette revendication de justice, extrêmement populaire dans notre pays, de réhabilitation collective et totale des fusillés pour l’exemple.
Durant le congrès de Nancy, nous avons été présents sur le passage du Tour de France en deux endroits : dans l’Aisne, où nos camarades ont eu maille à partir avec les renseignements généraux, qui leur ont confisqué leur banderole et les ont empêchés d’interpeler le Président qui ne voulaient pas répondre à quelques questions précises. Le deuxième endroit était à Nancy même où le Tour de France passait derrière la Faculté de Droit où nous tenions notre congrès. Nous avons distribué des tracts pour la réhabilitation des Fusillés pour l’exemple qui ont été très bien accueillis par la population et une partie des forces de police.

D.G. : Ce qui veut bien dire que cette question des Fusillés pour l’exemple est ancrée profondément en France et bien évidemment nous en donnerons un écho à la fois sur les rassemblements officiels du centenaire mais aussi sur nos rassemblements autour du 11 novembre.

Revenons maintenant sur cette question du 20 septembre qui a pris une connotation particulière du fait du 4ème congrès de l’Association Internationale de la Libre Pensée qui a eu lieu à Londres. Tu étais présent, peux tu nous donner ton sentiment sur le lieu, les travaux, les délégations ?

JS.P. : Sur le lieu tout d’abord. Il s’agissait d’un lieu très connoté de Londres, à savoir Conway Hall qui est un grand lieu de la libre pensée anglaise fondé en 1883. Depuis cette époque là toutes les organisations de libre pensée et d’athées du Royaume Uni ont l’habitude de tenir leurs réunions et meeting à cet endroit.
C’est un peu le pendant de ce qu’était la Mutualité à Paris.
Les délégations étrangères étaient nombreuses. Le matin elles ont travaillé sur un des sujets choisis par l’AILP depuis sa fondation à savoir « Les crimes des Eglises ». Avec un relief particulier sur l’Eglise catholique d’Irlande en raison de l’événement que l’on connaît du couvent de Tuam dans lequel on a trouvé cette fosse commune avec environ 800 enfants.

D.G. : Ce qui est important sur cette affaire là c’est-de-dire qu’il s’agit de quelque chose de récent.

JS.P. : Tout à fait. Le fonctionnement du couvent de Tuam comme accueil de « filles-mères », comme ont disait autrefois, n’a cessé que vers 1966. On ne sait pas de quand date les derniers squelettes trouvés dans cette fosse.
Les organisations présentes, venues presque des 5 continents, se sont mises d’accord pour lancer des commissions d’enquêtes sur ce sujet là et nous nous sommes rendus compte à ce propos que la maison mère de « Notre Dame de bon secours » est en France.

D.G. : Autres éléments importants de ce congrès :

-  la tenue d’un véritable conseil international avec tous les porte-parole
-  la nomination de Nina Sankari (Pologne) comme porte-parole de l’AILP
-  le prochain congrès de l’AILP en Uruguay, à Montevideo.

Auditrices, auditeurs, je vous remercie de votre écoute. Bon dimanche.



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